Le Jumelage France-Roumanie


Une histoire qui explique tout.


Tout part de la volonté d'une mairie.

  • Tout a commencé en juin 1989, par la proposition de Pierre Bourges, maire de Redon, d'un projet de jumelage avec une commune de Roumanie. Pierre Bourges avait été touché par la situation de la Roumanie à cette époque et choqué par les actions de « systématisation du territoire » mises en œuvre par Ceaușescu. Cette proposition de jumelage a été votée à l'unanimité par le conseil municipal. Ce projet de jumelage avait comme but premier de faire pression sur le gouvernement actuel mais il s'est rapidement transformé en plan de sauvetage et en projet humanitaire.
De ce projet est née l'association de jumelage Redon-Curtişoara qui se transformera un peu plus tard en association de jumelage Redon-Curtişoara / Saint Nicolas de Redon-Teslui.
  • Il n'y a pas que le nom qui évolua, mais aussi l'objectif de l'association. L'aide humanitaire se changea en échanges culturels d'où mon rôle dans cette association.

  • Ce projet de sauvegarde de l'époque fut soutenu par une association belge « Opération Villages Roumains » (OVR) qui avait pour rôle de porter à la connaissance du grand public et des communes d’Europe de l’Ouest en particulier l’existence d’un plan de systématisation de destructions de plusieurs milliers de villages roumains par le régime du dictateur Ceausescu. Cette association sollicitait les communes européennes pour parrainer un village roumain et tenter, avec leurs citoyens, de faire reculer le régime roumain en dénonçant ce plan.

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  • Et, un peu plus tard, une autre association « Solidarité 35 Roumanie » apparut. Elle se créa à la chute de Ceausescu en 1989. Cette association s'est développée sur la base de partenariats entre des communes d'Ille et Vilaine et des communes du Judet de Sibiu.

  • Au fil du temps les missions de S35 ont évolué en fonction de la situation de la Roumanie. L’aide humanitaire des premiers temps a laissé place à des programmes d’action et de coopération dans des secteurs variés : francophonie, éducation, culture, médecine, agriculture, tourisme,....

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  • Avec l'aide de l'association belge OVR, l'association de jumelage française a parrainé un village du Sud de la Roumanie, Curtişoara. Quelques années plus tard, le village se séparera en deux villages, Curtişoara et Teslui.

Une période historique précurseur d'une vague de solidarité


  • C'est en 1945 que la Roumanie devient un pays communiste autoproclamé « Démocratie populaire ».
Nicolae Ceauşescu arriva au pouvoir en 1965 après la mort du président du conseil d'Etat Gheorghe Gheorghiu-Dej. A cette époque, Nicolae n'était que secrétaire du parti. Mais, en 1974, il édicta des amendements et devint président de la République.

  • C'est lors d'un voyage en république populaire de Chine puis en Corée du Nord en 1971 que Ceausescu fut impressionné par la révolution culturelle et le culte de la personnalité. Il s'en inspira pour son propre pays. Après ce voyage, il décida de mettre en place un projet d'aménagement du territoire « la systématisation du territoire ». Ce projet concernait autant les territoires urbains que ruraux. Il avait pour objectif de rationnaliser la production industrielle et agricole et de rassembler la population dans les villes afin de leurs donner les mêmes opportunités.

  • Mais, pour mener à bien son projet, Nicolae Ceausescu décida d'accélérer l'exode rural en détruisant les villages et en obligeant la population à s'exiler en ville. Par conséquent, le nombre de villes augmenta.
Le programme de systématisation prévoyait la destruction de 7 000 à 8 000 des 13 123 villages du pays, alors que les villes s’étaient multipliées.

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  • C'est en voulant sauver ces petits villages voués à la destruction que des associations sont apparues comme l'association belge « Opération Villages Roumains » et l'association de jumelage Redon-Curtişoara.

Le soulèvement d'un peuple.


  • En décembre 1989, le peuple roumain se soulève afin de gagner sa liberté perdue. Il déclencha un coup d'Etat qui mit fin au règne de Ceausescu. Mais une période de pauvreté s'installa sur le territoire roumain. Et de nouvelles associations virent le jour afin d'aider les Roumains à passer cette épreuve. Des actions humanitaires ont été mises en place afin d'envoyer sur place des produits de première nécessité ainsi que du matériel médical.
C'est en partie à cause de ces évènements que l'association Solidarité 35 (S35R) Roumanie fut créée afin d'entretenir des liens avec le département de Sibiu (Transylvanie).

Une association sensible a la solidarité internationale.


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  • En septembre 1989, un comité de soutien est créé et prépare les premières actions, soutenu et informé par OVR.
  • Le 10 janvier 1990, le comité se transforme en association loi 1901. Par la générosité de 120 personnes du Pays de Redon, environ 20 000 francs sont recueillis. En avril, une « opération 1000 colis » est créée. Un camion achemine des colis constitués de quelques denrées, de médicaments et de petit matériel médical pour des dispensaires ainsi que des livres et des journaux et d'une lettre personnelle pour la commune de Curtişoara. Une lettre témoignant de la sympathie des habitants du Pays de Redon se joint aux colis.
Les premières années de l'association sont marquées par l’aide matérielle apportée aux dispensaires, aux écoles, à l’adduction d’eau, mais aussi par de nombreux échanges culturels et humains très riches et porteurs d’espoir pour une autre forme de coopération moins « humanitaire », plus égalitaire.
Cela fait plus de 20 ans que l'association mène des actions de coopération avec les communes de Curtisoara et de Teslui. Ces actions sont très différentes mais souvent menées vers la jeunesse, comme :

-> Les centres de loisirs d'été.
-> Les aides financières pour des jeunes étudiants défavorisés.
-> La venue de groupe de jeunes danseurs roumains en France.
-> La construction d'une classe de maternelle et d'un gîte.

  • En 1990, se crée en Roumanie une association semblable « asociatia de prieteni Redon-Curtişoara/St Nicolas de Redon-Teslui » (en français : association des amis de R-C/SND-T). Cette association a été créée sur les mêmes valeurs que l'association française alors qu'aucune loi roumaine n'existait sur la création d'associations (type loi 1901).
L'association roumaine a été créée afin de permettre à la population roumaine d'être autonome vis à vis du pouvoir "politique" des mairies.

Une situation géographique et sociale désavantageuse.



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  • Curtişoara et Teslui sont très liées. Durant longtemps, ces deux communes n'en formaient qu'une. La commune de Teslui se développait plus rapidement que celle de Curtişoara et demanda son indépendance en 1990.

  • Curtişoara et Teslui sont des petits villages. La commune de Curtişoara compte 4 111 habitants. Ce chiffre correspond à la population dite stable (ne comprend pas les Roms qui ont posé leur campement sur la commune). La commune de Teslui compte 2 628 habitants.


  • La situation sociale du territoire est précaire. Les habitants ont un faible niveau d'études dû à la difficulté d'accès aux études supérieures.
Les chiffres suivants ne concerneront que la commune de Curtişoara car, contrairement à la France, les données statistiques sont rares et, pour la plupart, incomplètes.

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Sources : documents statistiques de la mairie de Curtişoara.

Dans la commune de Curtişoara, 1/3 de la population est retraitée et la moitié de la population travaille en tant qu'ouvrier ou alarié. La plupart travaillent dans le secteur tertiaire.

Dans les campagnes de Roumanie en général, les ménages ont une parcelle de terrain où ils cultivent fruits et légumes de saison, céréales et élèvent multiples animaux pour leur consommation.
La part de leur revenu consacré à l'alimentation est plutôt faible.
Comme partout en Roumanie, le salaire des travailleurs roumains augmente petit à petit, sauf pour les fonctionnaires dont le salaire a diminué de 25 % et les retraites de 15 % depuis 2009.
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Source : site web http://www.lejustesalaire.com/salaire-par-pays/salaires-roumanie.php

Les femmes commencent à travailler et les hommes partent dans les villes chercher du travail. De ce fait, les enfants sont confiés aux grands parents qui peuvent être dépassés par les évènements.

  • En 2008, des institutrices roumaines ont fait part aux responsables de l'association des changements de comportement des enfants en milieu scolaire et, par conséquent, des difficultés à canaliser ces enfants.
  • Ces changements de comportement seraient dus à la forte proportion de parents expatriés ayant laissé leurs enfants à la charge de la famille restante (souvent les grands parents).
Suite à ce changement, le rythme de vie des enfants change, leur laissant plus de temps libre et mal géré.

  • Les enfants passaient leur temps libre devant des écrans (télévision, ordinateur).
Si le temps passé devant des écrans devient excessif, des conséquences secondaires peuvent se faire ressentir comme l'apparition de comportements agressifs envers autrui, un sentiment de peur omniprésent et des changements de comportements.
  • Certains enfants passent leur temps libre seuls, dans la rue. Cette situation favorise la création de « gangs » et les enfants ont moins de rapport entre eux, ce qui stimule les comportements agressifs les uns envers les autres et envers les adultes.


  • Suite à cette constatation, les représentants de l’association ont réfléchi à la mise en place d’un centre de loisirs dans la ville de Curtisoara afin d’apporter un soutien humain aux enfants roumains. L’objectif du projet n’est pas d’apporter « la solution » face aux difficultés rencontrées mais celle de contribuer au bien être des enfants. En effet, durant leurs 3 mois de vacances estivales, aucune activité de loisirs ne leur est proposée, faute de formation appropriée en Roumanie (type BAFA). Ainsi, le recrutement de 2 animateurs BAFA Français pour monter ce projet a été nécessaire. Ces personnes ont été présentes pour le lancement du centre de loisirs ainsi que pour la formation pratique de 2 enseignantes roumaines intéressées par le projet à Curtisoara.
  • Ce projet fut un succès et renouvelé sur la commune de Teslui l'année d'après. Cela fait 5 ans que les centres de loisirs sont mis en place.