Histoire du nom des rues


La consultation de l'annuaire de la mairie de Redon (https://www.annuaire-mairie.fr/rue-redon.html) nous apprend que la ville compte 198 rues, 18 chemins, 13 impasses, 12 places, 10 avenues et deux passages, ce qui fait 253 lieux identifiés par un nom.
On peut repérer différents thèmes dans les manières de nommer les rues, qui correspondent très certainement à des périodes historiques du développement de la ville.

Hommes et femmes

Sur ces 253 noms, 97 sont des noms de personnes, dont 11 sont des noms de femmes.
Les noms d'hommes présents à Redon sont des découvreurs, des militaires ayant produit de hauts faits, des médecins, des héros de la guerre (rue Marcel Deplantay, rue René Guéveneux...), des industriels (rue Marcel Quercia), des hommes de lettres, des hommes de pouvoir etc.
Parmi ces 11 noms de femmes, sans surprise, la Duchesse Anne est en bonne place, de même que Saint-Anne, la rue Jeanne d'Arc et la rue Notre Dame. Les écrivaines tiennent le haut du pavé, Madame de Sévigné a sa rue, ainsi que Simone de Beauvoir et, dans un registre différent, Agatha Christie. Ajoutons à cette liste Anjela Duval et Angèle Vannier, deux poétesses bretonnes du XXe siècle. Hormis les saintes et la Duchesse Anne, ce sont des femmes de plume qui ont été choisies. L'éventail des activités féminines s'est récemment agrandi avec le choix de Anne Catherine, une photographe redonnaise pour nommer la nouveau parvis à proximité de la gare.
Les noms de rues et autres venelles qui portent un nom de femmes représentent 11% des noms attribués à un humain (homme ou femme). Cela semble déjà pas si mal, mais quand on regarde la carte, on se rend compte que cela représente un linéaire minuscule. Les femmes sont cantonnées à de toutes petites rues et chemins ! Aux hommes les grands boulevards, aux femmes les petits chemins...
Voici ce que cela donne sur la carte :
- en jaune, ce qui ne renvoie pas à un humain,
- en bleu, noms d'hommes,
- en rose, noms de femmes,
- en turquoise, noms de saints,
- en saumon, noms de saintes.


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Les métiers

Une partie des anciennes activités de la ville sont inscrites sur les plaques émaillées. Elles se réfugient pour la plupart dans les chemins et les passages du quartier du port : passage des Mariniers; passage des Sauniers; passage des Timoniers; passage des Douaniers. Ces activités sont d'ailleurs liées à l'activité portuaire qui était importante jusqu'au début du vingtième siècle. Il faut aller à proximité du lavoir du Thuet pour trouver le chemin des Tanneurs et entre Beaumont et Bahurel pour trouver la rue des Cercliers.
On constate que ces appellations sont essentiellement des métiers masculins. Point de passage des lavandières, des cuisinières ou des couturières. Mais quand on consulte le cadastre, on se rend compte que le port comporte un passage des Marinières et un passage des Saulnières, des noms féminins qui ont été transformés en noms masculins sur les plaques...
Autre curiosité, il existe dans le quartier du port une "Vallée de la Misère", était-ce un métier ou une situation ? (rebaptisée "rue de la Malchance" par une jeune passante...)

A venir, l'analyse des autres catégories : la végétation, les lieux-dits, les noms géographiques (villes et régions).